S’amuser ou fuir?

« L’important, c’est de s’amuser ». Il me répète ça souvent avec son air de vieux marin qui en a vu d’autres. Ce conseil peut sembler puéril, un peu dilettante et même carrément flippant dans notre société terne où on cherche le loisir à tout va. S’amuser, ce n’est pas chercher à se perdre vainement dans un divertissement artificiel qui peut aussi être inconsciemment un peu forcé. S’amuser, c’est faire quelque chose qui fait sens, vibrer et être vrai.

Fuir, c’est procrastiner. Procrastiner, c’est, dans mon cas, une plongée dans le faux pour ne pas culpabiliser de faire quelque chose qui fait sens.. pour finalement culpabiliser de gâcher ce temps aussi bien pour agir « forcée » que pour agir en m’amusant. Partir à l’étranger peut être une fuite, mais j’ai un scoop : on a mis ses problèmes dans la valise et on continue de vivre avec, partout. Fuir, ça ne sert à rien, ce n’est que reporter le moment où on devra faire face au problème, apprendre à s’en détacher et à assumer sa part ou les conséquences de la fuite. C’est une illusion. On ne fuit pas quelque chose qu’on a mis dans ses bagages. Si ça ne nous appartient pas, on l’abandonne. Si ça nous appartient, on le résoud ou on l’assume. Ca fait peur, ça fait très peur et en général, ça fait chier aussi. Alors, c’est le moment de prendre son courage à deux mains, d’oser sauter à l’eau. Ne t’inquiète pas, tu sais probablement déjà nager. Si tu ne sais pas, dis le, les gens ne peuvent pas le deviner et quelqu’un sera sûrement ravi de t’apprendre, ou au moins de te tendre une planche pour prendre appui.

Se forcer, c’est s’oppresser. C’est dire à son enfant intérieur que la couleur n’est pas un truc de « grand », que les « adultes » vivent dans un monde en noir et blanc. C’est s’enfermer et c’est aussi une illusion. Ca fait bien « en société ». Ca rend heureux? Non. Ca oppresse le coeur, ça rend claustrophobe. Le papillon se transforme dans le cocon. Se forcer, comme fuir, ce n’est pas être dans un cocon mais c’est s’enfermer. C’est se limiter ou faire les choses au mauvais moment et risquer le mal-être. Quand on se force, on n’est pas dans le vrai, on obéit aux exigences qu’on prête aux autres.

Alors, entre l’aveuglement statique ou hyper-actif et vivre dans le faux pour être « acceptable », où est le salut? Ni dans l’un, ni dans l’autre. Quand tu agis, est-ce que ça fait sens pour toi? Est-ce que tu sais et ressens pourquoi tu fais ça? Est-ce que c’est pour être aimé? Est-ce que c’est pour trouver une place dans la société? Et si tu fuis, est-ce que ce que tu fuis ferait sens pour toi si tu le faisais en te sentant libre de ton choix? Dis, toi, quand tu agis, tu t’amuses, tu fuis ou tu te forces?

Sois bienveillant(e) avec toi-même. Ce n’est pas grave de se perdre en route, d’être resté immobile longtemps, d’aller un peu trop vite sur le chemin de la vie. Le rythme est aléatoire, la route pleine de chemins de traverse, et le but est secondaire. Regarde autour de toi, il y a tant à découvrir et si ça te fait vibrer, c’est peut-être à tenter. Si tu vibres, ça touche ton âme. Si ça touche ton âme, c’est que tu touches au vrai.

Ose vibrer, agir, vivre, dire « oui » comme dire « non » et oser lâcher un « merde » si cela te prend. Et si tu trouves que ce texte est complètement à côté de la plaque, n’hésite pas à le laisser de côté. Il n’est que le reflet de mon chemin.

funny-pictures-i-just-dont-care

Publicités